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| | La séduction est un jeu auquel les hommes doivent apprendre à perdre | |
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ϟ Invité Invité | Sujet: La séduction est un jeu auquel les hommes doivent apprendre à perdre Sam 23 Juil - 10:40 | |
| La séduction est un jeu
auquel les hommes doivent
apprendre à perdre
Je penchai la tête de côté en continuant d’observer la porte.
La salle aux illusions. Devais-je entrer ? Si oui, qu’est-ce qui m’y poussais ? Je restai là, indécise, les bras croisés, à peser le pour et le contre. Je n’avais pas peur. Je n’avais pas peur. Je n’avais pas peur. Je décroisai les bras et me passai la main dans mes boucles brunes. En fait si. J’avais peur de ce que j’allais y trouver. Qu’allait faire la salle ? Se meublerait-elle de sac remplis de galions ? D’une statue de Marek ? Absurde. Je commençai sérieusement à dérailler. Pourquoi je pensais autant à lui ? Lui qui m’avait fait si mal ? Pourquoi c’était toujours comme ça ? Pourquoi la vie nous forçait-elle à ne jamais oublier les épreuves qu’elle nous infligeait ? Tant de questions qui fusaient dans mon esprit, et aucune réponse. Je voulais l’oublier. Je devais l’oublier. Je devais oublier aussi le pourquoi de notre rupture. Non, c’était pire qu’une rupture. Une cassure. Une fracture. Oui, il avait fracturé mon cœur. On disait toujours qu’on n’oubliait jamais son premier amour. J’étais bien partie pour réaliser cette foutue prédiction. Je secouai la tête dans tous les sens, et donnai un violent coup de pied dans la porte. Je n’en avais rien à foutre de ressembler à présent à un épouvantail déshydraté. Je ne voulais plus avoir peur de moi-même. Car c’était de ça que j’avais peur, au fond. J’avais peur de savoir ce que je pensais vraiment. Et pénétrer dans cette pièce me révèlerait ainsi ce qui me terrorisait, tout en bernant mon esprit d’illusions factices. Je frissonnai. Qu’est-ce qui m’arrivait ? Depuis que j’étais ici, je ressemblais d’avantage à une autre personne qu’à la vraie Sunny. Avec amertume, je dû reconnaître que la vraie Sunny ne se serait pas laissée berner par un mec comme Lui. Elle était tête-brûlée, boute-en-train. Certainement la pauvre chose brisée que mon miroir me montrait chaque matin. Marek m’avait brisée. Mais il était temps de reprendre ma vie en main.
Avec courage, j’ouvris la porte d’un coup sec et m’engouffrai dans la pièce. Je fis quelques pas, et la porte se referma derrière moi. Mon cœur se glaça, et j’eu un temps d’arrêt avant de reculer. Mon dos heurta la porte close. Merde. Merde, merde, merde. Je n’avais toujours pas ma baguette, et j’étais coincée dans un placard à balais. Comme autrefois. Non. NON. Je me refusai à faire un amalgame avec le passé. L’épisode de Poudlard ne se reproduirait pas. Puisqu’il n’était pas là. Il ne serait jamais plus là pour me réconforter. Il avait brisé mes rêves et mon cœur. Je me laissai glisser à terre. Mon estomac était en chute libre depuis que j’avais compris où je m’étais fourrée. Ma respiration sse fit hachée, entrecoupée par des sanglots nerveux qui m’empêchaient de penser de façon pragmatique. « N’ai pas peur, je suis là », susurra une voix dans la pénombre du mètre carré qui m’était joyeusement alloué depuis cinq minutes. Mon cœur cessa de battre, j’en fus certaine. Je plaquai mes mains sur mes oreilles pour ne plus l’entendre. Pourquoi étais-je entrée, bordel ? Pourquoi ? POURQUOI ? Mes sanglots se répercutaient contre les murs trop proches.
« A L’AIDE ! », finis-je par hurler, tandis que mes larmes ruisselaient sur mes joues. Je tremblais quand je finis par comprendre qu’il n’y avait personne dans les parages à cette heure-ci.
« Je t’aime Sunny, je t’aimerai toujours », susurra de nouveau la voix.
« Arrêtez », suppliai-je en pleurant. « ARRÊTEZ »
Je voulais sortir. Je devais sortir. Il fallait que ça s’arrête. Est-ce que j’étais folle ? Non. Et ce que j’avais envie de me suicider ? Enormément. Je voulais que tout s’arrête. Ma vie, ma culpabilité, mon désespoir, cette putain de claustrophobie, mon amour pour la personne qui m’avait le plus fait souffrir, la mascarade avec Blaine.
Je voulais mourir.
Là, maintenant.
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ϟ Invité Invité | Sujet: Re: La séduction est un jeu auquel les hommes doivent apprendre à perdre Mer 27 Juil - 18:26 | |
| Non petit agneau, tu ne vas pas mourir. Pas ici et ni maintenant. Ce serait trop beau de te laisser cette liberté qu’est le doux appel de la faucheuse. Tu ne vas pas mourir, crois moi, ce sera bien pire, ce sera l’enfer comme jamais tu ne l’aurais imaginé. Qui aurait cru que se serait l’enfer qui te sauverait ce soir là…
C’était un jeudi soir bien banal, la preuve étant que je me retrouvais à l’intérieur du château au lieu d’être ailleurs en train de faire la fête comme en fut mon habitude. Je m’étais réveillé en plein milieu de la soirée, recouvrant d’une soirée des plus arrosées dans un bar de Londres. Les Laidies Nights, faisaient toujours des ravages sur moi, et sur la chanceuse qui se réveillait chez moi le lendemain matin. Cette fois ci, ce fut des chanceuses, étant assez alcoolisé, lors de la fermeture du bar, j’invitai une grande partie à venir terminer la fête chez moi, et ce n’est pas l’arrivée du soleil qui nous arrêta. Je me réveillai donc, à moitié nu sur mon divan de cuir orange, une bouteille de bière toujours collée dans ma main. Laissant le soin aux invités de s’indiquer eux-mêmes la sortie, je m’habillais et m’allumai une cigarette, celle du matin, et Dieu qu’elle était bonne. Je me dirigeais vers un petit casse-croute, du genre bien classique, caractériser avec les années cinquante aux États-Unis. C’était une vraie petite mine d’or; leurs œufs délicieux, le thé respectable et le mieux c’est qu’ils me laissent fumer au comptoir. Une fois mon repas terminé : un bon burger de poulet avec des frites, je repartis vers chez moi, et vit le château au loin. Me disant que ça faisait des lustres que je n’y étais pas allé, en raison des vacances d’été, je bifurquais et pris le chemin qui me menait à l’université. M’allumant un autre petit bâton de la mort, j’ouvris les portes de l’établissement, surement vide à cette heure. Jetant l’air infect de mes poumons dans les airs, me disant qu’il y avait bien peu de chances qu’un gardien m’arrête me demandant impunément d’éteindre ma cigarette.
Je dois l’avouer, je suis un adepte des sensations fortes, ce n’est pas pour rien que je passe mes journées dans mon petit labo pour travailler sur un tas de truc, y compris une nouvelle version de cette drogue que j’avais créer quelques mois plus tôt. Je ne lui avais toujours pas trouvé de nom, mais tout le monde savaient où s’en procurer et c’était ça l’important. Avec un peu de chance, je trouverai un vieux placard à balai avec un balai encore plus vieux et pourrai me promener un peu partout dans le château comme un vrai gamin. Sinon je pourrais… Ah oui ! « La salle des illusions ! » Je ne sais pas pourquoi je n’y avais pas pensé avant. Cette salle magique si captivante, te faisant croire toute sorte de chose qui ne sont pourtant si fades. J’avais l’habitude de m’y aventurer après quelques verres derrière la cravate, mais au sec comme ça, ça risquait d’être tout aussi intéressant.
D’un air beaucoup plus rapide et un peu plus enjoué, je commençai à monter les marches du grand escalier quatre par quatre. À peine une minute plus tard je me retrouvai au deuxième étage. Après quelques zigzaguements, je me retrouvai enfin devant la grosse porte de bois, un vieux bois, celui qui donnait l’air d’avoir été là avant Merlin lui-même, vous voyez le genre ? « A L’AIDE ! » Ce fut tout ce que j’entendis, ces mots, puis des pleurs et un autre charabia incompréhensible. Encore une petite âme sensible qui n’avait pas le cœur assez solide pour affronter cette pièce. Mon truc ? Ne pas avoir de cœur. J’entrai donc dans la pièce, une grande pièce bien aérée qui donnait sur le Big Ben. Un de mes paysages préféré. Je me trouvai sur ce qui semblait être une pièce qui servait de salon de thé, je pris le temps de m’asseoir sur un divan tout en regardant la petite chose en boule dans un coin, qui ne semblait pas du tout comprendre un traite instant ce qui ce passait. Cette petite chose ? Jane Sunny Chrislanders. Je l’avais vu quelques fois, dans des fêtes ou bien des cours, très jolie, je ne savais plus trop. Sans vraiment m’en préoccuper, je me servis une tasse de thé et me relevai un peu la tête, la regardant. « Tu veux une tasse ? C’est du Tchai. » |
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ϟ Invité Invité | Sujet: Re: La séduction est un jeu auquel les hommes doivent apprendre à perdre Dim 7 Aoû - 17:22 | |
| Les yeux baissés, je contemplais ma tasse fumante d’un œil absent et encore rougis par les larmes. Mes sanglots s’étaient tus depuis plusieurs longues minutes mais, déjà, je sentais s’insinuer en moi la gêne d’avoir été surprise dans une situation pareille. J’avais l’impression, désagréable et idiote, de me retrouver dans la peau d’une gamine prise en faute par sa maîtresse d’école. C’était bête, et pour une fois, la salle n’était pour rien dans cette illusion. J’avais horreur qu’on me voit faiblir. Faiblir, pour moi, signifiait la mort. J’ignorais d’où me provenait cette respectabilité de la loi du plus fort. Voir les gens pleurer ne me faisait rien et, pour tout dire, je n’en avais rien à foutre – chacun sa merde, après tout. Mais qu’on me voit pleurer était pire, à mes yeux, que si j’apprenais qu’un tsunami avait dévasté tout le Royaume-Uni. C’était bête, mais j’étais comme ça. Tout s'était passé si vite que j'avais eu l'impression de me réveiller en sursaut d'un mauvais rêve. J'observais la surface lisse du liquide, en me demandant ce que Nathan avait dû penser en me voyant dans cet état. Je me demandais ce que j’aurais pensé en me voyant moi-même. A mon avis, pas grand-chose de bon. Le pitoyable spectacle de ma crise d’hystérie me rendait encore mal-à-l’aise face à lui et son regard pénétrant. Il avait pourtant un regard assez pensif, et je n’arrivais pas à déterminer ce qu’il avait pensé. A vrai dire, je ne préférais pas le savoir. Je n’étais pas vraiment quelqu’un de renfermé, j’étais plutôt du genre extra-extravertie. Mais j’avais toujours pris soin de dissimuler mes sentiments. Cela datait du temps où je vivais encore avec ma sœur. Justine était du genre protecteur. Elle s’efforçait de remplacer la mère que nous avions perdu, et le père que nous n’avions pas. C’était bête. Mais j’avais toujours eu horreur qu’elle se fasse du souci pour moi. La seule personne que je voulais qui s’inquiète pour moi s’en foutait. Pour lui, je n’existais plus, et j’étais sûre qu’il faisait comme si je n’avais jamais existé, comme si toute notre histoire n’avait été le fruit que d’un délire – de ma part, évidemment. Le silence qui régnait désormais dans l’immense pièce ne paraissait pas troubler Nate outre mesure. Moi, j’étais plus que mal-à-l’aise : j’étais carrément mortifiée. Je me rendis compte que je fixais la tasse depuis dix bonnes minutes sans y avoir touché, et sans avoir adressé une parole de remerciement à mon « sauveur ». Je saisi la tasse d’une main hésitante, mais n’y trempai pas mes lèvres tout de suite. Nathan n’avait prononcé aucun mot depuis qu’il m’avait servi la tasse. Que fallait-il que je fasse ? Je n’en revenais pas. Trois mois sans amour m’avaient-ils changé à ce point ? Moi, Sunny, ne savais plus quoi faire face à un homme. Le pathétisme de la situation m’aurait presque fait rire. Je connaissais Nate, mais ma navrante crise d’hystérie semblait avoir effacé tout ce que je savais ou croyais savoir de lui. Je pensais qu’il n’était pas du genre à s’emmerder avec les autres. Et le voilà à présent qui prenait un verre – ou une tasse si vous préférez – avec une claustrophobe dégénérée et légèrement maniaco-dépressive. J’émis un petit rire nerveux, comme pour me donner du courage – ce qui ne marcha absolument pas. « Dis, ça t’embête de ne rien dire pour… enfin tu vois quoi. Cette fille que tu as vu, ce n’est pas vraiment moi. Tu sais comment je suis, je supporte la claustrophobie encore moins qu’une cage d’ascenseur exigüe… » Je baissai la tête. Je n’avais qu’une envie, rentrer dans ma chambre. Pour y faire quoi ? Je n’en savais rien. Mes pensées me revinrent en mémoire. Je veux mourir. Peut-être l’avais-je dit tout haut. Je m’en foutais. En silence, je priai pour qu’il prenne la parole pour enfin briser le silence qui venait de nouveau de s’installer.
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